26.11.2011
Deni de démocratie par un parlementaire
Si ceux qui votent la loi ne l’appliquent pas ou ne la respectent pas, quel est le devenir de notre démocratie ? Le projet de la Sica n’a donné lieu à aucune concertation avec les habitants, les associations, ni même les agriculteurs… La mairie de ST Pol s’est soumise au dictat d’intérêts privés, sans doute en référence au bon vieux temps ou un certain Alexis affirmait que « la fin justifiait les moyens ». La modification du POS était un détournement de pouvoir. Le mépris de nos institutions envers ses habitants se heurte aujourd’hui à une ordonnance du Tribunal Administratif qui donne droit à un pot de terre… Il faut s’en réjouir. Il n’est point question de politique, mais d’une juste application du droit qui s’impose à tous, y compris, et surtout, à ceux qui ont voté les Lois. Dans cette affaire, qui est juge de l’intérêt public ? De quel droit et sur quels fondements, de soi-disant intérêts économiques seraient ils au dessus des lois ?
Le seul intérêt économique appartient à la Sica qui voudrait voir abonder ses 70 millions de fonds propres par des subventions européennes. Qu’en pensent les agriculteurs, générateurs de ces profits qui ne leur reviennent pas ? Qu’en pensent les contribuables ?
Supercherie ou tromperie : La Sica avec ses 22 salariés s’attribue le monopole de l’emploi régional: 2500 emplois directs ( ?), 5000 ! Selon le député, les enchères sont ouvertes… Qu’importe leur nombre. Ainsi donc, seule une restructuration logistique sur un entrepôt serait de nature à les conserver ? Il était temps d’y penser ; mais il n’est pas trop tard pour en rechercher les responsables.
La réalité : le souci n’est pas de créer des emplois mais bien de les diminuer, de diminuer les frais de fonctionnement en faisant porter la surcharge des trajets aux adhérents. Ces agriculteurs sont de moins en moins nombreux et les petits sont appelés à disparaître, à court terme. Leur survie ne tiendra qu’en quittant cette structure qui les méprise ou en la reprenant à leur compte, par la fronde et le coup de balai.
Le choix du site était une aberration : les meilleures terres agricoles de St Pol sacrifiées sur l’autel du m’as-tu vu. La première perte d’emploi s’est portée sur l’agriculture, amputée une fois de plus par ceux qui se plaignent de la consommation des terres par l’urbanisation, et du coût du foncier qu’ils s’ingénient à faire monter !
Le silence de la Sica et de la commune, après ce jugement, est lourd de sens. La suspension des travaux n’est pas une petite erreur de parcours qui sera surmontée. La suspicion d’illégalité émise par le juge dans son ordonnance ne peut laisser planer le doute. Le jugement au fond ne pourra que le constater et la Commune le sait pertinemment. Assisterons-nous à un baroud d’honneur, avec une saisie du Conseil d’ Etat ? Après des sommes colossales dépensées en pure perte pour commencer des travaux, alors qu’un recours était déjà déposé, la commune va-t-elle s’enferrer dans une procédure perdue d’avance, aux frais du contribuable ? Peut-être s’imagine-t-elle, comme la Sica, que le pot de fer va écraser le pot de terre par un jet de l’éponge ? Elle ferait fausse route. Il se trouvera toujours des citoyens, des républicains de tout bord, qui viendront au secours de la justice et qui ne la laisseront pas bafouer. S’enferrer c’est se discréditer et organiser la mobilisation.
Les élus d’aujourd’hui ne seront pas ceux de demain, mais ils auront des comptes à rendre. Visiblement, certains, trop empressés à la chasse aux voix, se sont fourvoyés, au mépris d’une loi qu’ils ont contribué à élaborer et dont la moindre des choses serait de la respecter et d’accorder à la justice le droit de la mettre en œuvre. Le scandale est celui du déni de démocratie.
Jean Coz
Saint Pol de Léon
11:26 Publié dans réaction à l'intervention de J. Le Guen | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note











